L'histoire

Casimir Chapeau a fait des études brillantes à Paris et il poursuit maintenant à Montréal une carrière également brillante dans le monde de la finance.

Il ne questionne pas sa vie -celle vers laquelle il a toujours travaillé et à laquelle il a toujours rêvée- et il ne peut pas en imaginer une autre jusqu’au jour où Casimir Chapeau -dont la seule passion en dehors de son travail est de piloter des avions- s’écrase en avion dans le Grand Nord Canadien à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche.

 

Cet accident qui le fait brutalement basculer dans un autre monde.

 

Une tribu nomade du Grand Nord le sauve miraculeusement d’une mort certaine.

Pour (sur)vivre avec cette tribu dont il ignorait tout, jusqu’à son existence, Casimir Chapeau doit tout réapprendre. Tout ce qu’il sait (ou croit savoir) lui est ici inutile. Il réapprend à marcher ; il apprend la langue de ses hôtes ; il apprend à lire le ciel, les étoiles, le vent, la neige, la glace, les traces de pas dans la neige, les trous dans la glace, à écouter le silence ; il apprend à chasser, pêcher, dépecer, à faire du feu, faire cuire ; il apprend à partager, à danser, chanter ; il apprend l’histoire de la tribu qui devient la sienne ; et enfin il apprend à aimer.

 

Cet accident permet à Casimir Chapeau (qui est officiellement déclaré mort à Montréal et à Paris) de renaître et de vivre une autre vie, dans un autre monde, avec d’autres règles et d’autres valeurs.

 

Le temps passe et Casimir Chapeau commence à oublier d’où il vient : les visages de ceux qu’il connaissait s’évanouissent, les noms s’effacent, sa langue se perd... Casimir Chapeau se métamorphose lentement.

 

Un matin, Casimir est réveillé par les pleurs d’un enfant qui a perdu le jouet que son père lui avait fabriqué. L’enfant est inconsolable. Casimir Chapeau est traversé par un souvenir d’enfance : il se fabrique un nez de clown. Il fait rire l’enfant, puis la famille de l’enfant, puis toute la tribu jusqu’au soir. Dans cette tribu où chacun a un rôle précis à jouer, Casimir Chapeau a trouvé le sien, il est celui qui fait rire.

 

Casimir Chapeau est devenu clown.

Les saisons passent...

Sa vie est à nouveau bouleversée quand il rêve une nuit de sa mère : elle est entrain de mourir et l’appelle du bord de sa tombe...

« Les rêves disent vrai, » lui dit l’ancien de la tribu.../...

 

« Dans chaque homme, il y a plusieurs vies possibles. » (1) Grâce à son accident, Casimir Chapeau a la chance de pouvoir vivre une deuxième vie. Elle n’est ni meilleure ni pire que sa première vie, elle est tout simplement autre : si différente qu’elle lui était inimaginable avant son accident, si différente qu’il ne pourra bientôt plus imaginer sa vie d’avant... L’âme primitive ou la métamorphose de Casimir Chapeau est l’histoire de cette aventure : un voyage initiatique et épique.

 

(1) Lligès Frayau dans son livre « Un homme, combien de vies ? ».

Le travail d'écriture

1. Ecriture de l’histoire La métamorphose de Casimir Chapeau.

Cette histoire doit avoir la qualité d’un conte, tout doit y être à la fois plausible et merveilleux. L’histoire, écrite pour une voix féminine, sera enregistrée pour le spectacle.

Celle qui raconte cette histoire peut être la mère de Casimir Chapeau ou la femme qu’il aime.

A définir...

 

2. Ecriture de textes pour le comédien en direct, le comédien-marionnettiste - tel un conteur - joue plusieurs personnages : Casimir Chapeau, des membres de la tribu qui le recueillent, un enfant, une femme aimée, un shaman, la mère de Casimir Chapeau....

 

 

Il y aura des courts dialogues, des soliloques, une chanson, des poèmes, des rêves...

Quelques moments sont déjà pressentis (il y en aura d’autres) :

- un dialogue entre Casimir Chapeau et la Mort après son accident

- une berceuse (qu’on lui chante dans une langue qu’il ne comprend pas)

- Casimir essayant d’expliquer ce qu’il faisait dans la vie avant son accident

- un dialogue entre deux membres de la tribu : « que faire avec l’étranger ? »

- un rêve : Casimir rêve que sa mère mourante l’appelle

- l’apprentissage de la langue, les premiers mots (comment nommer les choses essentielles à la vie)

- Casimir Chapeau découvre qu’il peut faire rire

- Un numéro de clown (inspiré d’un numéro universel et adapté pour l’histoire de Casimir Chapeau)

 

L’écriture de l’histoire qui sera enregistrée et des textes pour le comédien en direct se fera en parallèle. Ces deux parties de l’écriture sont les deux pièces d’un même puzzle : elles ne doivent pas s’illustrer mais se répondre, dialoguer, se questionner, présenter plusieurs points de vue, et ainsi construire ensemble le spectacle : L’âme primitive ou la métamorphose de Casimir Chapeau.

 

*

Notes sur la tribu :

La tribu sera une tribu imaginaire. Cela veut dire :

- la création d’une langue (d’un vocabulaire, d’une grammaire, et l’écriture d’un petit dictionnaire bilingue Français-langue inventée).

- la création de quelques rituels (inspirés de rituels de cultures différentes) 

- l’écriture d’un conte fondateur

- l’écriture d’une berceuse

- l’écriture de ses croyances, son organisation sociale... 

Pour parler aux vivants, il faut quelque fois passer par les morts ; pour parler du monde réel à ses habitants, il faut quelque fois passer par un monde imaginaire, un espace poétique de liberté qui nous permet de travailler sur la frontière entre ‘le plausible’ et le ‘merveilleux’.

 

 

Gilles Aufray

 

 

 

L'âme primitive ou la métamorphose de Casimir Chapeau

Théâtre d'immersion associant marionnette, danse, musique et film d'animation.

Création prévue en 2019/2020 - Production Cie La GiGoGne

En cherchant une histoire pour l’Ame Primitive, le projet pour lequel Laurent Diwo m’a invité à écrire, j’ai repensé à l’histoire ‘légendaire’ de Joseph Beuys : son accident d’avion pendant la seconde guerre mondiale et comment il a été sauvé par une tribu nomade Tartare, puis pourquoi et comment cet événement avait bouleversé sa vie et était devenu le moteur de tout son travail artistique et politique. La métamorphose de Casimir Chapeau est inspirée de cet événement, tel que Joseph Beuys aimait le raconter.

© Cie La GiGoGne 2014 by Pool Prod.